Inauguration du premier SAMSAH parisien pour personnes handicapées psychiques à Paris 18ème le jeudi 18 octobre

Vivre chez soi malgré la maladie mentale est le souhait de beaucoup.
Le SAMSAH de l’ŒUVRE FALRET, premier Service d’Accompagnement Médico-social pour Adultes
Handicapés psychiques dans Paris, apporte l’assistance nécessaire pour réussir à « bien vivre » seul sans
s’enfoncer dans l’isolement.

Ouvert fin 2010, le SAMSAH était jusque-là inexistant à Paris dans le champ du handicap psychique.
Ce service innovant s’adresse à quarante adultes vivant chez eux ou sortant de l’hôpital pour qui la vie au domicile
requiert un accompagnement. L’année 2011 a marqué la continuité de « l’ouverture » et du « développement » de
ce service ; 2012 est l’année de son fonctionnement et de son inauguration.
Le projet du SAMSAH vise la continuité des soins et la (ré)intégration ou le maintien de la personne dans son espace
de vie, plus généralement dans la Cité.
Par la pluridisciplinarité de son équipe et les connaissance cliniques dans le champ de la santé mentale de certains
de ses membres, il est une réelle alternative à l’institution. Ce service assiste la personne dans les actes essentiels
de la vie quotidienne ; il travaille à favoriser la restauration des liens familiaux, sociaux et l’accès à l’ensemble des
services offerts par la collectivité.
Avec des visites au domicile régulières, il permet une vigilance quotidienne et anticipe ainsi les risques de
dégradation de santé, courants chez la personne handicapée psychique quand elle n’est plus en milieu hospitalier.

Une présence régulière pour aider la personne à conserver son indépendance
Après une longue hospitalisation, Madame P. a bénéficié de ce service pour retourner vivre chez elle.

L’équipe soignante a fait appel au SAMSAH pour préparer le retour à domicile et éviter qu’elle ne reproduise son expérience passée ; elle s’était mise en danger, vivant recluse chez elle sans s’alimenter.
Pendant deux mois, il a fallu à Madame P. réapprendre progressivement les actes de la vie quotidienne tout en réaménageant son habitation. Maintenant qu’elle a réintégré son appartement, le SAMSAH continue à
l’accompagner dans la réappropriation de son « chez soi » ; il veille à ce qu’elle ne rompe pas avec le suivi médical extérieur et les services indispensables à son maintien à domicile, comme l’aide ménagère ou le portage de repas.
Il travaille aussi à faire naître chez elle l’envie et le courage de participer à ses ateliers collectifs pour tisser des liens avec d’autres personnes accompagnées, elles aussi isolées.

Quelques chiffres sur la Santé Mentale en France
• 1 Français sur 5 est atteint d’une maladie psychiatrique (contre 1 % pour le cancer) (1)
• 2ème rang des causes mondiales de handicap (2)
• 12 000 suicides sont répertoriés chaque année en France et 58 000 en Europe. Au niveau européen, le nombre de suicides est supérieur au nombre de décès consécutifs aux accidents de la route (3)
• En France, les maladies psychiatriques constituent le 2ème motif d’arrêt de travail et la 1ère cause d’invalidité (4)

Elles représentent un dixième des dépenses de santé et occupent le 1er poste de dépense hospitalière

Un accès aux soins insuffisant
• Retard au diagnostic (jusqu’à 10 ans après les premiers symptômes)
• Absence de diagnostic des pathologies associées
• Recours fréquents aux hospitalisations sous contrainte, trop souvent en urgence

Un déficit d’investissement dans la recherche
Seulement 2 % du budget de la recherche biomédicale publique et privée (contre 20 % pour le cancer) (6)

(1) Eur Neuropsychopharmacol 2005 (2) OMS, 2002 : World Health Report (3) Plan National du cerveau et des maladies du système nerveux 2007 – Commission Européenne et Direction générale Santé & Protection des Consommateurs 2005 (4) Caisse Nationale d’Assurance Maladie, 2004 (5) Institut de Recherche
d’Etude et de Documentation en Economie de la Santé 2003 (6) Etude FondaMental, IRDES,URC Eco Ile de France 2009

Des préjugés
47 % des français associent les maladies mentales à des dénominations négatives : débile, attardé, aliéné, dément…

Une « acceptation sociale » différenciée selon la maladie
• 74 % des Français considèrent qu’un schizophrène représente un danger pour lui-même ;
• 65 % pour les autres (alors même que les chiffres sont là : seulement 0,2 % des patients atteints de schizophrénie peuvent potentiellement être dangereux pour les autres).
En revanche, le taux d’« acceptation sociale » est plus élevé pour les autres maladies.

Le tabou

Les Français ont encore du mal à dire qu’ils sont, eux-mêmes, atteints d’une maladie mentale (ils sont seulement 5 % à déclarer être ou avoir été atteint d’une maladie mentale) mais ils sont, en revanche, 62 % à considérer qu’ils pourraient un jour être atteint d’une maladie mentale.

Un défi de santé publique
Les Français estiment en effet à 27 % la part de la population française qui a été, est ou sera un jour touchée par une maladie mentale.
C’est le chiffre officiel de la prégnance de la maladie au niveau européen !

Un déficit d’information regretté
Un déficit d’information nourrit les doutes sur l’efficacité des traitements et la performance de la recherche.
2/3 des Français s’estiment insuffisamment informés, et ce quel que soit le canal.

Sources : PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES MALADIES MENTALES
Enquête menée par Ipsos Public Affairs pour FondaMental, dans le cadre des Rencontres de Fondamental – Palais du Luxembourg, Paris, 4 et 5 juin 2009

Définitions : Handicap psychique, souffrance psychique
Le handicap psychique vient reconnaître les incapacités résultantes d’une pathologie mentale avérée, c’est-à-dire diagnostiquée et confirmée.

Ces maladies au long cours, avec leurs différentes phases (crise, stabilisation et parfois rémission) génèrent des insuffisances et un désavantage que l’on peut définir comme le handicap psychique.
Ce handicap ne doit pas être confondu avec le handicap mental, conséquence d’une déficience innée (déficience intellectuelle, maladie génétique, trisomie 21 etc.)

La loi du 11 février 2005 définit le handicap dans son article 2, comme « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie par une personne dans son environnement en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques (…) ».
La prise en compte de la dimension psychique dans cette définition très large du handicap englobe ainsi toutes les personnes souffrant de troubles psychiques avec des répercussions dans les activités quotidiennes (scolarité, formation, activités professionnelles et/ ou activités sociales et citoyennes compromises) et des conséquences sociales (isolement, stigmatisation, risque de marginalisation) accentuées par un diagnostic souvent tardif et une difficulté à comprendre les manifestations de cette souffrance (handicap non visible).
Dès lors, « La recherche d’un état de santé mentale ne se réduit pas à une approche psychiatrique mais suppose aussi une approche médico-sociale » explique Edouard Bertaud, psychologue à l’ŒUVRE FALRET.

Sources : Journal de l’Action Sociale – Février 2010 – n°144

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